Eh dis, c’est quoi l’amitié ?

 

amitié-déception-colère

 

La tristesse. La colère. La lassitude. Les sentiments se mêlent, me compressent. Je me sens vidée. Presque trahie. Eh, toi, dis : c’est quoi l’amitié ? Hein, dis ? Comment définirais-tu ce joli mot ? Moi, il m’évoque beaucoup de choses. Des sentiments simples, jolis, doux. L’amitié panse mes plaies. L’amitié me permet aussi de donner. Beaucoup. L’amitié, c’est toutes ces personnes qui me sont chères, qui me font sourires. Qui me font voir la vie simplement. On se tient la main. On est là pour se rattraper quand des embuches se mettent sur nos chemins. C’est unique. Ca bouleverse le coeur, l’esprit. C’est ces échanges de regards, ces mots qui n’ont plus besoin d’être dis. C’est ces silences qui apaisent. Pourquoi tout n’est pas si simple, pour toi, pour vous ? Pourquoi faut-il que certains compliquent ce chemin de l’amitié, et mettent eux-mêmes des embuches ? Pourquoi tout devient malsain, pesant ?

Je suis triste. Triste de constater aujourd’hui que nombreuses sont les « amitiés » qui s’évaporent aussi vite qu’elles sont apparues. Pourtant, tu sais, je fais des efforts. Je sais que j’ai de nombreux défauts. Mais tout le monde en a, non ? Je mets pourtant mon ego de côté, je fais attention, je fais des concessions. C’est dur, tu sais ? C’est dur, parce que c’est comme prendre une barre en fer, et la travailler, à grands coups de marteaux. La barre de fer ne se modèle pas si facilement, ça prend du temps, c’est long. On y arrive oui, mais ça épuise, quand même. Mais on se dit que le résultat en vaut la peine. Parce que l’amitié c’est joli et puis aussi parce que cette personne semble en valoir la peine. Qu’on passerait peut être à côté de quelque chose. Qu’on a envie de lui donner, de recevoir ; de partager.

Je suis en colère. En colère parce qu’elles n’ont rien dit. Et qu’elles ne diront rien. Tu sais, j’ai toujours pensé que le silence ne réglait rien. Des mots sur les maux. Rien ne peut mieux nous faire avancer que de parler. Eh, toi, tu en penses quoi ? Gardes-tu tout pour toi, pour lâcher tout dans le dos de la personne concernée ? Es-tu rongée par le syndrome de la malhonnêteté ? Eh, toi, es-tu restée au stade de la collégienne qui ne sait pas s’exprimer ? Je te vois, toi, tes regards froids, tes soupirs presque exaspérés. Tu es froide. Froide. Froide. Tu éteins ce qui pétille en moi. Et toi, je te vois, souriante, et pourtant si froide, froide, froide, derrière moi. Eh, vous savez, rien ne reste jamais bien longtemps secret.

Je suis lasse. Lasse d’être face à cette malhonnêteté, la vingtaine passée. Eh, on n’avait pas dit qu’en amitié, on se disait tout ? Pourquoi rien n’est simple, de votre côté ? Eh, dis, je me demande combien votre vie doit être triste. Oui, triste. Moi, je le suis maintenant. Mais ma vie ne l’est pas. Parce que j’use des mots. Parce que je ne reste pas sur des non-dits. Parce que j’ai ces quelques amis qui sont des rayons de soleil, et avec qui l’amitié est simple. Mais vous, vous et vos non-dits, qui avez vous de cher à votre vie ? Faites vous ça avec chaque être humain ? Ou m’est-ce réservé ? C’est maintenant que je me rends compte que je ne suis pas un cas unique. Que ce n’est pas la première fois que vous restez sur vos positions. Sans jamais en démordre. Sans remise en question. Sans dialogue. Juste un mur de glace. Parce que c’est toujours eux, jamais vous. Pourquoi ? Avez-vous déjà eu des amitiés sincères ?

Tu sais, je n’ai pourtant pas l’impression d’idéaliser l’amitié. Mais j’ai l’impression de lui avoir donné une autre valeur que la tienne. Que la votre. D’avoir appris que certaines choses sont simples et belles, et qu’il ne faut pas les gâcher, les souiller par des mauvais sentiments qui bouffent, qui rongent. Je prends conscience, avec ces peines, que j’ai grandis. Que je me suis créée, jour après jour, un univers plus sain. Un univers où je peux être heureuse. Où j’ai appris la valeur des choses. Alors peut-être n’est-ce pas si mal de mettre un terme à ces amitiés. Peut-être est-ce une façon de me conforter dans mes choix.

Tu sais, je ne dirai pas qu’à partir de maintenant, je ferai attention. Que je ne m’ouvrirai plus aussi facilement. Eh, ce n’est pas comme si c’était ma première déception. Ni ma dernière. Tout ça, c’est finalement un triste et incompréhensible constat : l’honnêteté, l’ouverture à l’autre, restent des choses complexes pour certaines personnes, qui n’oseront jamais la confrontation. Par faiblesse peut-être. Par crainte du regard de l’autre. Tu sais, c’est finalement triste pour eux. Sans mes amis, ceux qui me font me sentir heureuse, ma vie serait forcément très différente. Beaucoup plus sombre. Ils sont des rayons de soleil. Mais ces personnes qui ne savent pas s’ouvrir, qui sont malhonnêtes, qui prennent et jettent les autres, ne sont-ils pas tristes, eux ?

 

« L’amitié se nourrit de communication » – Montaigne

 

Crédit image : image libre de droits modifiée.
Toujours aller vers la lumière ; 
se délester de ce qui nous assombri.

Publicités

2 réflexions sur “Eh dis, c’est quoi l’amitié ?

  1. Joli texte ! 🙂 Je crois que l’amitié est quelque chose d’extrêmement difficile à entretenir… Une des raisons pour laquelle mon année universitaire est aussi pesante s’explique aussi en partie par une amitié brisée. Qu’importe, je pense qu’il peut y en avoir de très belles et durables malgré la distance et le temps qui passe.
    Bonne continuation! 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Merciiii 🙂
      Oui effectivement… Enfin surtout, je me demande si dans ces cas là on peut parler de véritable amitié. Quand je compare à mes « vrais » ami(e)s, ça n’a tellement rien à voir avec mes relations de la fac, qui sont (majoritairement) carrément plus superficielles… Heureusement, ce n’est pas le cas de tous, mais ça fout un coup quand tu te rends compte de certains trucs.
      Je comprends totalement, ça joue vachement quand même, l’amitié à la fac.. Si y’a des trucs qui vont pas, tu es moins motivé à venir, et puis c’est quand même pas une partie de plaisir les amitiés brisées.
      Ouaip, je suis d’accord ! La plupart de mes solides amitiés, c’est des personnes qui ne sont plus nécessairement dans ma ville, et avec qui rien ne change malgré le temps qui passe et la distance entre nous. Quand on se revoit, c’est toujours pareil, ça fait du bien.
      Des bisous à toi 🙂 !

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s